Plus fort que le FN : la
Principauté applique la préférence nationale. Les Monégasques sont des
privilégiés au statut très convoité. Mais ne devient pas sujet du prince
qui veut !
Ils
sont seulement 8 000
et ne représentent que 20 %
de la population du Rocher… Mais à eux seuls, les
Monégasques cumulent tous les privilèges :
fiscalité très avantageuse et passe-droits en tous
genres !
Bien
né, tu seras
Seul
le droit du sang est en vigueur à Monaco :
il faut être né de parents monégasques (valable
aussi en cas d’adoption) pour être à son tour
auréolé !
Faute d’avoir hérité de cette précieuse
lignée bien que vivant ici depuis des générations,
ils sont aujourd’hui des milliers d’« enfants
du pays »
à ne bénéficier d’aucun statut reconnu,
encore moins de privilèges. Pas de droit du sol donc, si ce
n’est pour les enfants nés sur place de parents
inconnus. Sachant que l’accouchement sous X
n’est pas légal à Monaco, l’exception reste
théorique. « Ça
pourrait être par exemple un enfant qui serait abandonné
sur les marches d’une église »,
précise, confus, Bernard Lefranc, à la tête du
service de l’état civil à la mairie de Monaco,
concédant néanmoins que « le
cas est assez rare ».
Et pour cause, dans un pays qui possède en moyenne six caméras
par réverbère, les parents démissionnaires ne
demeureraient pas inconnus très longtemps !
Avec
un Monégasque, tu te marieras
Autre
possibilité pour obtenir le sacre suprême :
le mariage, mais seulement pour les femmes !
Un homme qui se marie à une Monégasque n’obtiendra
pas pour autant la nationalité (une réforme est en
cours). Et au palais, on veille déjà à ce qu’une
donzelle, russe, blonde, à forte poitrine qui épouserait
un vieux monsieur possédant douze Rolex, ne le fasse pas pour
de mauvaises raisons. L’épouse ne pourra ainsi faire la
demande de nationalité qu’après cinq ans
d’union maritale, en application de la Constitution, et « à
condition que la communauté de vie avec le conjoint monégasque
n’ait pas cessé au moment de la demande ».
Bonne nouvelle pour elle :
« En
cas de divorce, la nationalité reste acquise »,
précise le responsable de l’état civil.
Si
avec Albert t’es sympa, naturalisé tu seras
Dernière
option possible, la naturalisation. Officiellement, il faut justifier
de dix ans
de résidence sur le Rocher et être prêt à
renoncer à sa nationalité d’origine. Quand on
cherche à savoir si d’autres critères, financiers
par exemple, peuvent motiver la décision, c’est l’omerta
du côté du responsable de l’état civil :
« Nous
ne saurons pas vous dire, le dossier arrive sur le bureau du prince
et il est seul décisionnaire. »
Albert sait choisir ses sujets. Alain Ducasse, le chef étoilé
au chiffre d’affaires estimé à 40 millions
d’euros, faisait partie de la cinquantaine de chanceux en 2008
(en 2010, sur 400 demandes, seules sept ont abouti). À
longueur d’interviews, celui qu’on surnomme désormais
Alain « DuCash »
élude les questions sur la fiscalité par cette
réponse :
« Monaco,
c’est un choix de cœur. »
Un cœur en or massif…
Samantha
Rouchard
Publié en Juillet 2011 dans Le Ravi n° 87-Dossier spécial Monaco

