Les clichés mis à mal par l'atelier théâtre du Collège Izzo


Comme chaque année, le Collège Jean-Claude Izzo (2ème) s'associe à La Minoterie pour animer son atelier théâtre du mercredi. Cette année, il est question de l'Identité ou comment s'approprier des clichés pour mieux les détruire. Tout un programme qui donnera lieu à un spectacle final sur les planches de La Minoterie, le 22 mai.

MARIANA DIRIGE MARGAUX
© samantha rouchard



« Mais « l’identité », c’est moi, c’est ce que je suis » c’est ainsi que Margaux, élève de  troisième du collège Jean-Claude Izzo (2ème) a réagi lorsque sa prof de théâtre a proposé aux volontaires de l’atelier du mercredi après-midi de travailler sur le thème de l’identité, des lieux communs et des clichés. Depuis deux ans, Françoise Rivière, professeur de français  devient aussi animatrice de l’atelier théâtre sur son temps libre. « Uniquement des filles pour cette année », au nombre de sept, dont Margaux et Bridget.  Mariana Gioni, metteur en scène italienne est mandatée par La Minoterie pour assister la troupe et préparer le spectacle qu’elles joueront fin mai sur les planches du théâtre.


Un accent chantant et un sourire communicatif, Mariana est ravie de ce partenariat « C’est très intéressant car d’habitude on commence par travailler à partir de textes, là c’est le contraire qui s’est produit, on a commencé par trouver un thème puis les filles ont improvisé sur les clichés qu’elles avaient de leur propre culture et de celles des autres et le choix des textes est venu à la fin ». Les filles se concentreront donc, cette année, sur quatre extraits  d’auteurs de nationalités variées, dont les  oeuvres restent en rapport  avec l’univers adolescent: Mode d’emploi, de la roumaine Alexandra Badea, Mi corazón y yo de l’argentine Lola Arias, Raisons de vivre heureux  du français Fabrice Melquiot et La ballata delle Madri de l’italien Pier Paolo Pasolini.

atelier théâtre Izzo
© samantha rouchard



Des textes en plusieurs langues
Les textes en espagnol et en italien seront joués en langue originale “Les élèves de ce collège viennent d’horizons variés et sont souvent bilingues, parfois même trilingues ” précise Françoise Rivière. “La langue est la clef sonore de l’identité” rajoute  Mariana “Marseille c’est la mixité au sens absolu, rien à voir avec l’Italie et pour moi qui suis étrangère, aussi, en ce pays, c’est tout un symbole de travailler là-dessus !”.  Par contre, l’une et l’autre insistent bien sur le fait que le choix du thème n’est pas lié « à un effet de mode » mais bel et bien, comme le précise Mariana, « à un travail sur les clichés et sur le fait de se les approprier pour mieux les détruire ».

Des élèves motivées
Sur scène, Margaux et Bridget, les deux courageuses venues répéter ce jour-là (les autres ont préféré réviser leur brevet blanc du lendemain) vont mettre en pratique les doléances de Mariana, « Aujourd’hui c’est le texte de Lola Arias qu’on étudie, on va donc détruire le cliché Argentine-Tango » dit-elle d’un air espiègle, en demandant aux jeunes filles d’improviser sur cette danse et de porter des talons, virtuels pour ce cours là, mais qui seront bien réels la semaine prochaine ! Les filles se débrouillent comme des professionnelles, un peu timides au début, mais surprenantes d’imagination au final. Dans le jeu de Margaux, les chaussures à talon deviennent des écouteurs de baladeur qui diffusent du Bob Marley. Quant à  Bridget, peu emballée par l’idée de troquer ses baskets et sa tenue sportwear pour des talons aiguilles et une jupe moulante, elle trouve la solution dans son improvisation en s’en débarrassant rapidement pour danser plus librement.  
Du talent, de beaux textes et un thème qui fait réfléchir, il ne reste plus qu’à attendre, patiemment, le 22 mai pour applaudir Margaux, Bridget et leurs copines sur la scène de La Minoterie !

Par Samantha Rouchard

Publié en Février 2011 sur le site Culture13 
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