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Le FN rêve de s’emparer
de l’ancien fief de Yann Piat. En parachutant Bruno Gollnisch dans la
3ème circonscription du Var, il pourrait bien s’assurer les voix d’une
droite fragilisée et d’une gauche peu assurée.
Dix-huit
ans après l’assassinat de Yann Piat, la troisième
circo du Var est de nouveau sous les feux des projecteurs depuis
l’annonce de la candidature aux législatives du numéro
deux du FN et candidat déchu à sa présidence,
Bruno Gollnisch. Une figure nationale du FN dans le Var, ça
fait peur mais au FN 83 ça ravit :
« Notre
section départementale se porte plutôt bien mais il nous
manquait la portée médiatique, c’est désormais
chose faite puisque toute la presse en parle ! »,
se réjouit Frédéric Boccaletti, conseiller
régional et secrétaire départemental du FN Var.
Député
européen de la zone Est et conseiller régional
Rhône-Alpes, la candidature de Bruno Gollnisch a tout d’un
parachutage. « Elle
est étonnante puisque personne jusqu’ici ne l’avait
vu dans le Var »,
a déclaré Jean- Pierre Giran, candidat sortant UMP (Var
matin du 13 janvier). Propos que Frédéric Boccaletti
conteste :
« Monsieur
Gollnisch a une maison familiale ici, ses petits enfants vont à
l’école à Carqueiranne et son père est
même enterré au cimetière de Hyères. Il y
a ses attaches de cœur et ça, ça ne se
comptabilise pas aux nombres d’heures passées ici. »
La
3ème cico est depuis toujours ancrée à droite
ayant élue Yann Piat en 1986 sous la bannière FN puis
sous l’étiquette UDF en 1993. En 2012, l’UMP a
choisi d’investir le candidat sortant Jean-Pierre Giran, qui
brigue son quatrième mandat, au grand regret du maire de La
Londe François de Canson, non retenu. « Il
s’agit d’une élection importante car nous avons
face à nous un candidat national du FN, il ne faut pas qu’il
y ait de divisions,
affirme Jean-Pierre Giran. Monsieur
de Canson a affirmé qu’il serait derrière le
candidat investi dans le but de servir sa famille politique. »
Mais pour Joël Canapa, candidat déclaré Parti
radical de gauche soutenu par le PS, la droite est
fragilisée : « Elle
est en déliquescence, Giran est l’un des députés
les plus mal classés de France. C’est à lui qu’il
faut dire merci si le FN se présente ! »
Et Giran de tacler, en retour, un candidat « qui
crée la suspicion en passant d’un parti à
l’autre »,
allusion au virage politique de Canapa qui a quitté le PCF,
« sur
une somme de désaccords »,
pour intégrer le PS puis désormais le PRG. « S’il
n’a trouvé que ça comme argument contre moi !,
s’exclame
Joël Canapa. Je
ne dis pas de mal de lui, ses amis s’en chargent ! »
Des
tensions qui feraient presque oublier les deux autres candidats que
sont Gilberte Mandon (Front de gauche) et Jean Donzelle (Alliance
centriste), et qui surtout pourraient bien faire le jeu de l’extrême
droite. Bruno Gollnisch craint-il ses adversaires ?
Frédéric Boccaletti, amorçant un petit rire :
« Vous
savez, il n’en est pas à sa première campagne
électorale. Je ne pense pas qu’il soit effrayé.
Lui, parle très peu d’eux, mais par contre, eux
s’excitent ! »
Samantha
Rouchard
Publié dans Le Ravi num 94 (Mars 2012)
